Une introduction aux études de cas autochtones

Les peuples autochtones sont confrontés de manière toute particulière aux impacts des changements climatiques. Ainsi, en tenant compte du point de vue des Autochtones sur ces questions, nous pourrions acquérir des connaissances uniques en vue de trouver de meilleures solutions pour faire face aux changements climatiques. Trop souvent cependant dans le passé, les gouvernements et les chercheurs n’ont pas tenu compte de l’opinion des Autochtones dans les débats portant sur les politiques climatiques. 

Pour corriger cette situation et diffuser davantage les opinions, les recherches et les visions du monde autochtones, l’Institut canadien pour des choix climatiques a lancé à l’automne 2020 un appel ouvert visant la réalisation d’études de cas autochtones sur les changements climatiques et les politiques élaborées pour y répondre. À la suite de cet appel, nous avons commandé sept études de cas à des chercheurs et détenteurs du savoir autochtone. Bien que nous ayons soutenu les chercheurs et les équipes impliquées dans leurs démarches de recherche, ultimement nous considérons que les informations fournies dans ces études appartiennent aux auteurs. 

En l’honneur du mois national de l’histoire autochtone, nous sommes heureux de présenter les trois premières études de cas de cette série. 

  • Semer des graines,” réalisée par Elisabeth Mittenburg, Hannah Tait Neufeld, Laura Peach, Sarina Perchak et Dave Skene, explore les résultats d’une initiative locale menée par des Autochtones dans le territoire de Grand River dans le sud de l’Ontario. Cette étude nous montre comment une initiative de souveraineté alimentaire autochtone peut contribuer à soutenir à la fois des mesures de lutte contre les changements climatiques et la démarche de réconciliation avec les populations autochtones, tout en rétablissant les liens unissant ces peuples à leur territoire et ouvrant des horizons menant à une vie meilleure.
  • L’Ayookxw s’inscrit dans la lutte aux changements climatiques,” réalisée par Tara Marsden et Deborah Curran, porte sur les liens existant entre l’adaptation aux changements climatiques et la loi ainsi que les connaissances de Wilp dans le Plan d’utilisation des terres Gitanyow Lax’yip qui régissent leur territoire, situé au nord-est de Prince Rupert (Colombie-Britannique). Cette étude examine la façon dont les instruments juridiques et politiques qui promulguent les droits autochtones peuvent servir de guide dans les pratiques de gestion et servir de base de référence pour comprendre le fonctionnement écologique.
  • Catastrophes non naturelles,” réalisée par Darlene Yellow Old Woman-Munro, Emily Dicken et Lilia Yumagulova, s’appuie sur un projet communautaire de recherche visant à documenter les impacts à long terme de phénomènes comme la dépossession des terres, les déplacements en cas de catastrophe et les changements climatiques sur la nation Siksika, située sur le territoire du Traité 7 au sud de l’Alberta. Cette étude est constituée d’entrevues menées par Darlene Yellow Old Woman-Munro, une aînée Siksika, auprès des membres de la communauté, à la suite des inondations catastrophiques de 2013 dans la région. 

Prises dans leur ensemble, ces études de cas démontrent le leadership essentiel dont font preuve les peuples autochtones pour se préparer aux changements climatiques et pouvoir ainsi les atténuer. Elles précisent également le rôle que peuvent et doivent jouer les recherches et les politiques dirigées par les Autochtones pour construire un avenir qui soit prospère, résilient et à faible émission de carbone pour tous ceux qui partagent ce territoire.

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