Croissance Propre en Nouvelle-Écosse

La Nouvelle-Écosse fournit un exemple tangible de ce que signifie la croissance propre dans la pratique et de la manière de la mesurer. La province a considérablement réduit ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2005 tout en développant son économie.

SOMMAIRE

Dans un rapport publié en septembre 2020, l’Institut canadien pour des choix climatiques a déterminé 11 nouveaux indicateurs permettant de définir et de mesurer le progrès du Canada en matière de changements climatiques et de croissance propre. Basé sur des données publiques très diverses, ce rapport présente une vision de la manière dont le Canada peut prospérer tout en luttant contre les changements climatiques. Les 11 indicateurs donnent une vue d’ensemble fondée sur des données des domaines où le pays fait des progrès – et de ceux où il y a plus de travail à faire.

La présente étude de cas se concentre sur une province en particulier, la Nouvelle-Écosse, pour montrer un exemple tangible et pratique de croissance propre et de façons de la mesurer. Depuis 2005, la Nouvelle-Écosse a considérablement réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES) tout en maintenant une croissance économique constante grâce à de nouvelles politiques et à des changements motivés par les marchés dans sa structure économique. Elle devra néanmoins relever des défis importants pour continuer sur cette lancée. La province s’est fixé des cibles climatiques parmi les plus ambitieuses au pays, mais son économie est parmi les moins sobres en carbone au Canada. À cela s’ajoute un taux de chômage important, des coûts énergétiques élevés et une mauvaise qualité de l’air dans certaines régions de la province.

L’étude de cas se base sur un sous-ensemble des 11 indicateurs et utilise les meilleures données disponibles pour montrer les domaines où il est évident que la Nouvelle-Écosse a fait des progrès et ceux qui demandent plus d’attention. Consultez le rapport complet pour en savoir plus sur les 11 indicateurs.

ÉLÉMENTS DE LA CROISSANCE PROPRE EN NOUVELLE- ÉCOSSE

Un des objectifs fondamentaux de la croissance propre est de séparer – ou de découpler – la croissance économique (mesurée au moyen du produit intérieur brut [PIB] et du taux d’emploi) et les émissions de GES. La figure 1 présente un indice du PIB, des émissions de GES et du taux d’emploi de la Nouvelle-Écosse de 2005 à 2018.

Dans l’ensemble, la Nouvelle-Écosse a fait un progrès considérable dans le découplage de la croissance économique et des emplois et des tendances d’émissions. De l’ensemble des provinces et territoires, la Nouvelle-Écosse arrive au deuxième rang pour la réduction des émissions de GES entre 2005 et 2018 avec une baisse de 26 % (le Nouveau-Brunswick, lui, a enregistré une baisse de 34 %). Parallèlement, le PIB (converti en dollars constants) y a augmenté de 14 % et la croissance de l’emploi de 3 %. Bien que ces taux de croissance soient inférieurs à la moyenne nationale (qui est de 24 % pour le PIB et de 14 % pour l’emploi), la croissance de l’emploi en Nouvelle-Écosse est restée comparable à la croissance démographique, et son taux de chômage global est demeuré stable (Statistique Canada, 2020b).

Figure 1 : PIB, emploi et émissions de GES en Nouvelle-Écosse (2005-2018)


Sources: ECCC (2020); Statistique Canada (2020a); Statistique Canada (2019).

Les traitements et les salaires ont aussi augmenté en Nouvelle-Écosse : le revenu d’emploi médian (converti en dollars constants) a bondi de 22 % de 2005 à 2018, ce qui représente la quatrième hausse en importance parmi les provinces (Statistique Canada, 2020c).

Cinq facteurs soutiennent le progrès de la Nouvelle-Écosse dans le découplage de ses émissions de GES et de son économie : 1) le remplacement des combustibles dans la production d’électricité, 2) les gains en efficacité énergétique, 3) la croissance du secteur des technologies propres, 4) les investissements dans les infrastructures liées au climat, et 5) une transition graduelle de la production de biens à fortes d’émissions vers une économie de services.

1. Remplacement des combustibles dans la production d’électricité

En 2007, la Nouvelle-Écosse produisait 89% de son électricité au moyen de combustibles fossiles – notamment de charbon et de pétrole. En 2018, les combustibles fossiles ne représentaient plus que 65% de la production d’électricité dans la province (NSP, 2020a). Plus précisément, l’utilisation du charbon est passé de 76 % de l’offre d’électricité en 2007 à 52% en 2018, alors que le gaz naturel et le pétrole sont restés stable à 13% sur la même période. Entre-temps, la production d’énergie renouvelable a connu un essor rapide : par exemple, l’énergie éolienne a servi à produire 12 % de l’électricité en Nouvelle-Écosse en 2018, alors qu’elle ne représentait que 1 % de la production provinciale en 2007 (NSP, 2020a). Au total, en Nouvelle-Écosse, l’intensité des émissions dans la production d’électricité est passée de 880 grammes de GES par kilowattheure (kWh) en 2005 à 720 grammes par kWh en 2018 (ECCC, 2020).

Les politiques gouvernementales ont joué un rôle essentiel dans le remplacement des combustibles fossiles. La Nouvelle-Écosse a fixé une limite d’émissions pour le secteur de la production d’électricité et mis en place, en 2010, une norme de portefeuille renouvelable exigeant que Nova Scotia Power (le seul service public réglementé de la province) fasse passer la part des sources renouvelables à 25 % pour 2015, puis à 40 % pour 2020. Cette norme était accompagnée d’un programme de tarif de rachat garanti, qui prévoyait du financement pour le développement de sources d’énergie renouvelable entre 2011 et 2016. L’ensemble de ces politiques a entraîné une chute de 35 % des émissions de GES liées à l’électricité entre 2005 et 2018 (ECCC, 2020).

2. Gains en efficacité énergétique

L’amélioration continue de l’efficacité énergétique est la deuxième grande raison qui explique le succès de la Nouvelle-Écosse dans la décarbonation de son économie. Ensemble, les mesures écoénergétiques réduisent de 1 million de tonnes (Mt) les émissions de GES chaque année, ce qui équivaut environ à 6 % des émissions totales de la province en 2018 (ECCC, 2020; Municipalité de Digby, 2020). En 2017, la Nouvelle-Écosse se classait au 10e rang en matière de consommation d’électricité par habitant, sa consommation par personne se situant à 24 % sous la moyenne nationale (REC, 2020). Depuis 2005, la demande en électricité dans la province a chuté de 7 %, ce qui a entraîné des économies de plus de 180 millions de dollars pour les Néo-Écossais (Efficiency One, 2019).

Une fois de plus, les politiques ont joué un rôle fondamental. En 2009, la province a créé le premier service d’efficacité énergétique indépendant au pays; celui-ci est à l’origine de nombreuses initiatives. Par exemple, la Nouvelle-Écosse est la première province à avoir exigé l’utilisation d’ampoules à DEL dans l’entièreté de son système d’éclairage des rues, ce qui lui a fait économiser environ 18 millions de dollars en coûts d’exploitation et d’entretien et réduire de 30 000 tonnes ses émissions de GES par année (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2012). D’autres initiatives ont aussi aidé les ménages à adopter des technologies de chauffage plus efficaces, comme les thermopompes électriques. D’ailleurs, la Nouvelle-Écosse est au troisième rang national pour ce qui est du nombre d’installations de thermopompes par habitant (REC, 2019). Grâce à ses diverses politiques, la Nouvelle-Écosse a maintenant la plus grande concentration de gestionnaires et de conseillers au pays dans le domaine de l’efficacité énergétique (nombre de gestionnaires par grande entreprise) (Efficacité énergétique Canada, 2019).

Plusieurs de ces initiatives visaient à aider les ménages faisant face à une situation financière précaire. La Nouvelle-Écosse arrive au troisième rang pour ce qui est des dépenses par habitant visant à réduire la pauvreté attribuable à l’énergie (Efficacité énergétique Canada, 2019); les ménages touchés ont pu réduire de 35 % leur facture de chauffage (Efficiency One, 2018). Un des programmes de la province a pour but d’améliorer l’efficacité énergétique des constructions des communautés mi’kmaqs en améliorant l’isolation, la gestion de l’humidité et les systèmes de ventilation ainsi qu’en encourageant l’installation de thermopompes (Efficiency One, 2020). Bien que le programme soit relativement nouveau, il touchera à terme 2 400 maisons dans 13 réserves mi’kmaqs.

3. Croissance du secteur des technologies propres

Il ne représente peut-être que 2 % de son PIB, mais le secteur des produits environnementaux et des technologies propres (ETP) de la Nouvelle-Écosse est un nouveau moteur de croissance d’importance dans la province. Sur le plan du PIB, le secteur néo-écossais des ETP a connu une croissance de 31 % de 2012 à 2018 (contre une croissance de 19 % au pays), principalement motivée par la croissance de l’énergie propre, de la gestion des déchets et de la construction liée à l’environnement. Au cours de la même période, le nombre d’emplois dans le secteur néo-écossais des ETP a bondi de 27 % (contre 17 % au pays) (Statistique Canada, 2020d).

La Nouvelle-Écosse est également devenue chef de file dans l’exportation de produits et de services ETP. De 2012 à 2018, les exportations de la province ont augmenté de 67 %, comparativement à 23 % à l’échelle du pays. L’importation de tels biens et services a diminué durant cette période (de 33 %), mais l’exportation a créé de nouvelles occasions d’emploi et de développement économique. Près d’un tiers des exportations du secteur des produits ETP de la Nouvelle-Écosse étaient des produits manufacturés complexes (Statistique Canada, 2020e). Par exemple, CarbonCure est une entreprise basée en Nouvelle-Écosse qui a mis au point une technologie qui consiste à introduire du CO2 recyclé dans du béton frais afin de réduire son empreinte carbone. Elle a récemment reçu le titre d’entreprise nord-américaine de technologies propres de l’année, et elle est bien placée pour saisir les occasions d’exportation qui se multiplient (Cleantech Group, 2020).

L’écosystème de recherche et développement mature de la Nouvelle-Écosse confère une bonne base à la croissance du secteur des technologies propres de la province. En pourcentage de son PIB, la Nouvelle-Écosse dépense une part plus importante de ses fonds publics en recherche et développement que toutes les autres provinces, et même plusieurs de ses homologues à l’international (Conference Board du Canada, 2020). Étant donné son grand nombre d’universités, elle dispose aussi d’une source fiable de recherches nouvelles et novatrices. On n’a qu’à penser aux chercheurs de l’Université Dalhousie qui se sont associés à Tesla et à d’autres partenaires industriels pour améliorer l’entreposage des batteries au lithium-ion (Jarratt, 2020), à l’Université Acadia, qui a fondé le Tidal Energy Institute pour stimuler le développement de l’énergie marémotrice dans la baie de Fundy ou au Verschuren Centre de l’Université du Cap-Breton, qui collabore avec le secteur pour mettre au point et déployer des solutions technologiques dans le domaine, entre autres, de l’énergie renouvelable (Verschuren Centre, 2020).

Certaines politiques énergétiques de la province visent à exploiter directement ce bassin d’expertise. Par exemple, en 2015, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a mis en place un programme communautaire de tarifs de rachat garantis pour favoriser le développement et la commercialisation de technologies d’énergie marémotrice; ce programme prévoyait une contribution de 420 $ à 530 $ par MWh pour les nouveaux projets du secteur (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2020). Le service public provincial accélère aussi l’adoption de technologies clés comme les compteurs intelligents résidentiels, qui lui permettront de mieux intégrer les énergies renouvelables à petite échelle et la tarification au compteur horaire dans le réseau d’électricité (Lau, 2020; NSP, 2020b).

4. Investissements dans les infrastructures liées au climat

Le succès de la croissance sobre en carbone de la Nouvelle-Écosse s’explique aussi par les investissements que la province a faits dans les infrastructures liées au climat. La figure 2 montre les investissements faits dans certaines catégories d’infrastructures entre 2009 et 2019. On peut y voir deux importantes injections de capitaux dans l’économie; une en 2010, et l’autre en 2017. Ces gros investissements ont principalement servi à étendre et à entretenir les infrastructures de transport et de distribution d’électricité de la province.

De 2013 à 2015, grâce à son programme de tarifs communautaires de rachat garantis (clos en 2016) et l’expansion d’éoliennes commerciales, la Nouvelle-Écosse a aussi beaucoup investi dans la production d’énergie renouvelable. Entre-temps, les investissements dans les systèmes solaires résidentiels ont rapidement pris de l’ampleur (non illustré dans la figure). La capacité solaire installée est passée de pratiquement rien en 2015 à 5,4 MW en 2018. Les ristournes octroyées au moyen du volet sur les maisons solaires du programme Efficiency Nova Scotia ont stimulé les nouveaux investissements, tout comme les programmes PACE (Property Assessed Clean Energy), qui proposent aux ménages des options de financement accessibles pour apporter des améliorations en efficacité énergétique et ajouter des installations solaires à leur résidence (Nova Scotia PACE, 2020).

Figure 2 : Flux d’investissements par catégories d’infrastructures sélectionnées (2009-2019


Source: Statistique Canada (2020f)

Le réseau provincial d’électricité étant de plus en plus sobre en carbone, il pourrait jouer un rôle important dans la décarbonation d’autres secteurs, comme ceux des transports (véhicules électriques) et des bâtiments (thermopompes). Par exemple, Nova Scotia Power met actuellement en place un réseau de recharge rapide pour les véhicules électriques qui s’étend de Yarmouth à Sydney. Ce réseau facilitera les déplacements du sud jusqu’au nord de la province (Gouvernement de la Nouvelle-Écosse, 2019). Metro Transit (le service de transport collectif régional d’Halifax) s’est engagé à remplacer la moitié de sa flotte d’autobus par des véhicules électriques d’ici 2028 et a l’intention de déployer ses premiers bus électriques d’ici 2022-2023 (Conseil régional d’Halifax, 2020).

Les gouvernements doivent absolument améliorer leur façon de mesurer la valeur des investissements dans ces infrastructures. Le manque actuel de données et d’analyses empêche d’évaluer l’ensemble des coûts et des bénéfices relatifs aux investissements importants dans les infrastructures. Ce type de données et d’analyses est pourtant essentiel pour vérifier que les fonds publics sont bien investis de sorte à atteindre les objectifs climatiques et économiques à long terme de la Nouvelle-Écosse et à générer un maximum de bénéfices pour la société. De meilleures données historiques permettraient aussi de déceler les lacunes actuelles et de déterminer les besoins futurs en matière d’investissements.

5. Transition graduelle de la production de biens à fortes émissions vers une économie de services

Enfin, la modification de la structure économique de la Nouvelle-Écosse a favorisé la réduction des émissions dans la province. La figure 3 montre les variations du PIB et du taux d’emploi dans différents secteurs néo-écossais importants entre 2005 et 2018 et permet de voir que la plus grande croissance a été enregistrée dans le secteur des services, généralement plus sobre en émissions. Durant la même période, les secteurs de production de biens ont connu une baisse constante : de 2005 à 2018, le PIB du secteur du pétrole et du gaz naturel a chuté de 87 %, celui de l’extraction minière de 84 %, et celui de la foresterie et de l’exploitation forestière de 42 %.

Figure 3 : Évolution du PIB et de l’emploi dans certains secteurs en Nouvelle-Écosse (2005-2018)



Sources: Statistique Canada (2020b); Statistique Canada (2020g).

La figure montre aussi que c’est le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques qui a connu la meilleure croissance tant sur le plan de l’emploi que du PIB, suivi par le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale. L’emploi a aussi connu une croissance importante dans le secteur des services publics, hausse probablement motivée par l’activité accrue du côté des programmes d’efficacité énergétique. Selon le PIB, les services représentent maintenant 81 % de l’économie de la Nouvelle-Écosse, alors qu’ils n’en composaient que 74 % en 2005.

La majorité de ces changements structuraux sont dus à des revirements dans la dynamique des marchés mondiaux (comme une baisse de la demande en charbon ou la migration de fabricants d’acier vers des pays où la production est moins coûteuse), et non à des politiques locales. Néanmoins, la transition graduelle vers une économie fondée sur les services a sans aucun doute joué un rôle essentiel dans le découplage des émissions et des sources de croissances dans l’économie néo-écossaise.

OBSTACLES AU PROGRÈS FUTUR

La Nouvelle-Écosse doit aussi faire face à certains obstacles à l’amorce de la prochaine étape de sa croissance propre; cette section décrit quatre d’entre eux. La province s’est fixé des cibles climatiques ambitieuses. Pour les atteindre – tout en créant des emplois, en préservant l’abordabilité des prix de l’énergie pour les ménages et en réduisant la pollution de l’air –, il faudra un effort concerté.

1. Baisse de la production de biens et hausse du chômage dans les petites collectivités rurales

Les mêmes revirements dans la dynamique des marchés qui ont aidé à réduire les émissions de la Nouvelle-Écosse créent de grands défis pour les petites collectivités rurales où les activités industrielles ont toujours été une importante source de revenus et d’emplois. Comme on l’a dit plus haut, la plupart des secteurs de production de biens sont au ralenti en Nouvelle-Écosse.

Les pressions concurrentielles ont grandement contribué à la fermeture de plusieurs installations et projets importants en Nouvelle-Écosse, comme la raffinerie Irving à Dartmouth, le projet de gaz naturel au large de la côte de l’île de Sable et les usines de pâtes et papiers à Liverpool et Pictou. Dans de nombreux cas – surtout aux endroits où une seule installation créait la majorité des emplois pour la région –, les fermetures ont entraîné une hausse du taux de chômage régional, une érosion de l’assiette fiscale, de la pauvreté et des problèmes de santé (Lionais et coll., 2019).

Ces pertes économiques mettent en lumière la situation de l’emploi inégale – et souvent précaire – dans les petites collectivités de la Nouvelle-Écosse qui comptent peu de gros employeurs. La figure 4 montre les centres de population en Nouvelle-Écosse qui enregistraient le plus haut taux de chômage en 2016, ainsi que le taux de chômage moyen en Nouvelle-Écosse et au Canada. Près de la moitié des centres de population dont le taux de chômage dépasse la moyenne provinciale se trouvent dans la région du cap Breton, un endroit qui éprouve des difficultés depuis le déclin de ses industries de l’acier et du charbon au milieu du 20e siècle (voir la boîte 1). Beaucoup des autres collectivités mentionnées voient certains de leurs secteurs clés ralentir progressivement, comme les secteurs de la pêche, des pâtes et papiers ou du fer et de l’acier, et développent peu de nouveaux moteurs de croissance.

Figure 4 : Taux de chômage par centres de population (2016)


Source: Statistique Canada (2016)

Le taux de chômage est particulièrement élevé dans les communautés autochtones. La Première Nation Eskasoni de la région du cap Breton – la plus grande communauté mi’kmaq au monde – avait le plus haut taux de chômage en Nouvelle-Écosse en 2016, soit 26 %. Dans toute la région atlantique, plus de 18 % des Autochtones étaient sans emploi en 2016, contre 15 % au pays (APECA, 2020).

Ce problème de chômage structurel bien enraciné sera difficile à régler. Dans de nombreux cas, des programmes de réorientation et de formation pourraient aider. Cependant, la réorientation ne peut fonctionner que si des emplois sont disponibles une fois la formation terminée. La Nouvelle-Écosse doit trouver son avantage concurrentiel dans une économie sobre en carbone pour poursuivre sa transition économique.

Pour assurer l’avenir de son secteur d’emploi, la Nouvelle-Écosse doit aussi veiller à ce que ses employeurs existants demeurent concurrentiels. Par exemple, l’usine de papier de Port Hawkesbury, dans le sud du cap Breton, emploie 300 travailleurs, ce qui équivaut à environ 20 % de toute la main-d’œuvre de la ville, et représente la source la plus importante d’investissements privés (King, 2019; Townfolio, 2020). De plus, l’usine représente près de 10 % de la consommation en électricité de la Nouvelle-Écosse (Torrie, 2019). En 2019, l’usine de papier a signé un protocole d’entente avec la Banque de l’infrastructure du Canada pour développer un parc éolien d’une capacité de 112 MW afin produire de l’énergie propre et renouvelable (P&PC, 2019). En veillant à ce que les entreprises qui œuvrent toujours dans le secteur de la production de biens demeurent concurrentielles dans une économie sobre en carbone, la Nouvelle-Écosse favoriserait sa réussite à long terme.


BOÎTE 1: Travailleurs mobiles dans la région du cap Breton

Les possibilités d’emploi locales limitées ont poussé beaucoup de Néo-Écossais à chercher du travail dans d’autres provinces, tout en continuant à vivre sur la côte est (devenant ainsi ce qu’on appelle des « travailleurs mobiles »). L’industrie du pétrole et du gaz naturel de l’ouest du Canada a pallié en bonne partie la faiblesse du marché de l’emploi du Canada atlantique, en particulier pour la région du cap Breton. Par exemple, en 2008, plus de 6 % de la main-d’œuvre du cap Breton travaillait en Alberta.

Bien que ce type de travail constitue maintenant un segment important du marché du travail pour les collectivités de la côte est, il est grandement instable. Quand le prix du baril de pétrole a dégringolé, passant de 80 $ US en 2008 à 50 $ US en 2009, le nombre de Cap-Bretonnais employés en Alberta a chuté de 25 %. La plus récente baisse de prix du pétrole causée par la pandémie de COVID-19 aura probablement des répercussions semblables.

Les perspectives d’emploi à long terme pour les résidents de la région atlantique travaillant dans les secteurs gazier et pétrolier de l’Ouest canadien sont d’autant plus incertaines que les marchés mondiaux se tournent vers les sources d’énergie sobres en carbone. Sans un plan de transition pour leur main-d’œuvre, les régions comme celle du cap Breton pourraient souffrir encore plus des changements dans la demande mondiale.

Sources : Lionais et coll. (2019); Campbell (2019).


2. Réduction des émissions dans toute l’économie et atteinte de la cible de zéro émission nette d’ici 2050

La Nouvelle-Écosse s’est fixé des cibles climatiques parmi les plus ambitieuses au pays. En vertu de la Sustainable Development Goals Act (loi sur les objectifs de développement durable), toute récente, la province devra réduire ses émissions de 53 % (par rapport aux niveaux de 2005) d’ici 2030 et atteindre la cible de zéro émission nette d’ici 2050.

Mais l’atteinte de ces cibles à long terme demande de redoubler d’efforts. En 2018, la Nouvelle-Écosse avait réduit ses émissions de 26 % (par rapport aux niveaux de 2005); elle était donc à mi-chemin dans la réalisation de son objectif pour 2030. Sa dépendance au charbon pour la production d’électricité a rendu les réductions initiales relativement faciles et rentables. Les gains additionnels seront plus difficiles à réaliser.

Par exemple, le secteur de la production d’électricité représente toujours la plus grande source d’émissions. Malgré le fait qu’elle n’abrite que 3 % de la population canadienne, la Nouvelle- Écosse était responsable de 7 % de toutes les émissions de GES liées à la production d’électricité en 2015 à cause de ses centrales alimentées au charbon (ECCC, 2018a). L’importation d’énergie propre générée par le barrage hydroélectrique de Muskrat Falls à Terre-Neuve-et-Labrador (dont la mise en ligne est prévu pour 2021) aidera la Nouvelle-Écosse à réduire davantage les émissions liées à son réseau d’électricité. Mais même en important toute l’énergie disponible à Muskrat Falls, la province pourrait encore avoir à produire plus de la moitié de son électricité au moyen de combustibles fossiles (Torrie, 2019; Commission des services publics et d’examen de la Nouvelle- Écosse, 2019). Selon une entente d’équivalence conclue avec le gouvernement fédéral, on s’attend à ce que le charbon et les autres combustibles fossiles soient au centre de la production de la Nouvelle-Écosse à court terme (EAC, 2020; ECCC, 2018).

Il s’avère aussi difficile de réduire les émissions du secteur des transports. Ces dernières ont chuté entre 2005 et 2014, mais elles ont augmenté depuis et sont revenues en 2018 au niveau de 2005. Toujours en 2018, la consommation de produits pétroliers raffinés par habitant en Nouvelle-Écosse dépassait de 12 % la moyenne nationale, alors que beaucoup d’autres secteurs, comme celui de l’habitation, sont toujours dépendants de l’huile de chauffage (REC, 2020). La même année, la province a mis en place un programme de plafonnement et d’échange pour les émissions de GES, mais on ne s’attend pas à ce que cette politique ait un réel effet sur les émissions liées au transport. Le gouvernement estime que le programme réduira de moins de 2 % les émissions annuelles d’ici 2022 (Gouvernement de la Nouvelle- Écosse, 2019). À l’heure actuelle, les ventes de véhicules électriques ne comptent que pour 0,03 % des ventes annuelles de véhicules en Nouvelle-Écosse, comparativement à 3,5 % à l’échelle nationale (EAC, 2020). Les infrastructures de recharge des véhicules électriques y sont moins avancées que dans les autres provinces (Efficacité énergétique Canada, 2019).

La Nouvelle-Écosse peut aussi s’améliorer en matière de GES associés à la consommation de biens et de services dans son économie. En 2011, la province était au troisième rang national d’émissions les plus élevées liées à la consommation (excluant les territoires), derrière l’Alberta et la Saskatchewan (Dobson et Fellows, 2017). Bien que les mesures basées sur la consommation ne soient pas habituellement prises en compte dans les rapports d’émissions publiés à l’international, elles demeurent importantes dans la réalisation d’une croissance globale sobre en carbone.

La Nouvelle-Écosse devra se pencher sur chacun de ces aspects si elle souhaite atteindre ses objectifs climatiques ambitieux. Dans beaucoup de cas, il faudra promouvoir une efficacité énergétique accrue, la décarbonation du réseau électrique, le développement de technologies propres et d’autres sources de croissance, et les investissements dans les infrastructures liées au climat. Par exemple, la réduction des émissions dans le secteur des transports demandera l’adoption accélérée de technologies sobres en carbone comme les véhicules électriques et ceux à piles à combustible. Elle nécessitera aussi des investissements dans des infrastructures connexes, notamment les réseaux de recharge, les pistes cyclables et les transports en commun. Et il faudra aussi investir dans la production d’énergie renouvelable et dans l’amélioration de l’efficacité énergétique pour que la province ait assez d’énergie propre pour soutenir la transition actuelle vers une utilisation accrue de l’électricité. Dans tous les cas, la Nouvelle-Écosse devrait chercher à harmoniser ses politiques et la technologie de façon optimale afin d’entraîner une réelle transformation (Haley, 2018).

La Nouvelle-Écosse déploie des efforts pour trouver des manières d’atteindre ses cibles climatiques tout en ciblant ses autres grands objectifs économiques et sociaux. Par exemple, le gouvernement provincial consulte les citoyens, les titulaires de droits et d’autres parties prenantes pour connaître leur avis sur la Sustainable Development Goals Act, et en est à développer son prochain plan sur les changements climatiques (ce processus ayant été retardé par la pandémie de 2020). La région travaille aussi sur la feuille de route de l’énergie propre pour le Canada atlantique, qui présente une vision du rôle que peut jouer l’énergie propre pour répondre aux besoins énergétiques de la région (SCIC, 2019). Enfin, la province attend pour la fin de 2020 les résultats d’une étude de faisabilité sur la possibilité de produire, d’entreposer et de distribuer de l’hydrogène dans les Maritimes (OERA, 2020).

3. Électricité abordable pour les ménages néo-écossais

Alors qu’elle considère l’adoption de politiques plus sévères pour atteindre ses cibles climatiques, la Nouvelle-Écosse doit absolument prendre en compte l’abordabilité de l’énergie. Qu’une politique énergétique réduise le prix de rénovations écoénergétiques ou augmente celui de l’essence pour promouvoir les options sobres en carbone, elle aura des répercussions sur les ménages et sur l’abordabilité, tout comme les autres aspects de la transition vers une économie propre. Et bien que les politiques énergétiques ne puissent pas éliminer à elles seules des disparités socioéconomiques complexes et bien ancrées, elles peuvent et devraient être conçues pour préserver l’abordabilité de l’énergie, en particulier pour les ménages vulnérables financièrement.

L’abordabilité de l’énergie est un défi constant en Nouvelle-Écosse; ses tarifs d’électricité sont parmi les plus élevés au pays, et un grand nombre de ménages chauffent à l’huile ou au bois, des options coûteuses et inefficaces (Hydro-Québec, 2019; REC, 2018). Parallèlement, on s’attend à une hausse du prix du gaz naturel causée par l’arrêt de la production gazière extracôtière de la province (Casey, 2019). Certes, comme on l’a dit plus haut, la Nouvelle- Écosse a fait d’importants progrès en matière d’abordabilité de l’énergie pour les ménages les plus vulnérables financièrement, mais pour la majorité des Néo-Écossais la part du budget consacrée aux dépenses énergétiques est plus élevée que pour les autres Canadiens.

La figure 5 montre les dépenses moyennes en énergie des ménages de la Nouvelle-Écosse et du Canada en 2017. Les ménages sont classés en cinq groupes (ou quintiles) en fonction de leur revenu, allant des ménages au plus faible revenu à ceux au revenu le plus élevé. On considère comme des dépenses en énergie le chauffage et l’électricité utilisés à la maison ainsi que les dépenses liées aux transports (comme l’achat d’essence, de titres de transport en commun et de courses de taxis).

Figure 5 : Part des dépenses en énergie des ménages (2017)


Source: Statistique Canada (2020h).

Dans l’ensemble, les Néo-Écossais dépensent plus en énergie que les autres Canadiens. Par exemple, les ménages de classe moyenne inférieure à la moyenne (ou du deuxième et troisième quintile) y consacrent une part de budget 60 % plus grande que le Canadien moyen. Généralement, les ménages de ces deux segments ont de plus grandes maisons que ceux du quintile le plus bas et possèdent et utilisent leurs propres véhicules.

Néanmoins, les dépenses énergétiques en Nouvelle-Écosse ont diminué au fil du temps dans tous les segments. En 2010, par exemple, les ménages du deuxième quintile ont consacré 19 % de leur budget à l’énergie. En 2018, ces mêmes ménages y consacraient (en moyenne) 13 % de leur budget. Cette tendance à la baisse s’est manifestée alors que les prix de l’électricité et de l’essence étaient à la hausse, ce qui laisse croire que les améliorations en efficacité énergétique ont grandement contribué à la réduction des dépenses énergétiques (RNCan, 2020).1

Malgré tout, il pourrait être utile d’élargir les programmes d’efficacité énergétique destinés aux ménages afin de rendre l’énergie plus abordable pour les personnes qui consacrent une part disproportionnée de leur budget aux dépenses énergétiques. En étendant la portée de son programme d’efficacité énergétique pour les communautés mi’kmaqs, par exemple, la Nouvelle-Écosse contribuerait à renforcer les capacités et permettrait aux communautés de mener elles-mêmes des projets d’efficacité énergétique.

4. Amélioration de la qualité de l’air dans les zones rurales de la Nouvelle-Écosse

L’air propre est essentiel à la santé et au bien-être des Néo-Écossais, et bien que la qualité de l’air soit meilleure en Nouvelle-Écosse qu’à d’autres endroits du monde, ils courent quand même le risque de souffrir de problèmes de santé causés par les sources d’émissions de GES et depollution atmosphérique. C’est pourquoi la Nouvelle-Écosse a beaucoup à faire pour améliorer la santé de ses résidents et accélérer la réduction de ses émissions de GES.

Même si la Nouvelle-Écosse compte peu de stations de surveillance, les données de 2017 et 2018 suggèrent des niveaux d’ozone troposphérique et de particules fines, les principaux ingrédients du smog, relativement élevés dans plusieurs zones rurales. La figure 6 (ci- dessous) montre les niveaux moyens annuels d’ozone troposphérique et de particules fines de plusieurs municipalités de la Nouvelle-Écosse dont les données étaient accessibles, ainsi que ceux de Toronto et de Vancouver pour comparer. Elle présente également les normes canadiennes de qualité de l’air (définies conjointement par les gouvernements fédéral et provinciaux) comme point de comparaison.

Figure 6: Moyenne annuelle des émissions d’ozone troposphérique (en haut) et de particules fines (en bas) (2017-18)

Source: ECCC (2018b)

Au total, six municipalités néo-écossaises enregistraient un niveau d’ozone troposphérique supérieur à ceux d’Halifax et de Vancouver. Fait surprenant : le niveau d’ozone dans ces municipalités principalement petites et rurales frôlait celui de Toronto. Cela vaut aussi pour les niveaux de particules fines, semblables ou supérieurs à ceux d’Halifax (à l’exception d’Aylesford).

Ces niveaux élevés d’O3 et de particules fines représentent un risque important pour la santé des Néo-Écossais : Santé Canada estime qu’environ 260 Néo-Écossais meurent prématurément chaque année à cause de la pollution de l’air.2 Des 13 provinces et territoires, la Nouvelle-Écosse est la septième en matière d’exposition au risque de mort prématurée (toutes proportions gardées). Des mesures de réduction des émissions de GES auraient donc des effets bénéfiques marqués sur la santé dans la province.

Bien qu’elles soient bien sous la limite nationale, les émissions de dioxyde de soufre en Nouvelle-Écosse ont aussi des répercussions sur la santé dans les collectivités rurales; elles sont manifestement liées aux dernières centrales alimentées au charbon de la province. Par exemple, les niveaux de dioxyde de soufre enregistrés à Port Hawksbury, à Pictou et à Sydney sont deux à trois fois plus élevés qu’à Halifax. Ces trois collectivités sont à proximité de centrales au charbon ou en comptent une. Même si les mesures mises en place pour diminuer la production d’électricité à partir de charbon aideront à prévenir 89 morts prématurées, 8 000 crises d’asthme et 58 000 jours de difficultés respiratoires (Gunn, 2019), les centrales alimentées au charbon dans la province continuent de représenter un risque pour la santé.

Mais l’amélioration de la qualité de l’air dans les collectivités néo-écossaises ne relève pas que du gouvernement de la province. L’est des États-Unis est partiellement responsable de la mauvaise qualité de l’air en Nouvelle-Écosse; la production d’électricité à partir de charbon y est aussi commune. Les petites villes néo-écossaises de Kejimkujik et d’Aylesford, par exemple, sont toutes deux rurales et éloignées des sources industrielles majeures d’émissions. Un passage à l’électricité propre dans l’est des États-Unis améliorerait grandement la qualité de l’air dans ces villes et dans l’ensemble de la Nouvelle-Écosse.

CONCLUSION ET LEÇONS À RETENIR

Cette étude de cas donne un aperçu du parcours de la Nouvelle-Écosse vers une croissance sobre en carbone en soulignant les réussites de la province ainsi que les aspects qui restent à améliorer. Bien que la situation de la Nouvelle-Écosse soit unique, plusieurs leçons apprises ici sont applicables aux autres provinces et territoires qui cherchent à réaliser une croissance plus propre :

  • La Nouvelle-Écosse prouve qu’il est possible pour une province de poursuivre sa croissance économique tout en réduisant ses émissions de GES. Elle a aussi réussi à maintenir sa croissance de l’emploi au même rythme que sa croissance démographique et à augmenter ses traitements et ses salaires plus rapidement que la majorité des autres provinces.
  • Une des raisons principales qui expliquent son succès est la réduction des émissions de GES causés par la production d’électricité. Les autres provinces qui ont un réseau électrique aussi polluant que la Nouvelle-Écosse pourraient répéter l’expérience.
  • La Nouvelle-Écosse est la première province à compter un service public indépendant et bien financé d’efficacité énergétique qui aide à réduire les émissions et à engendrer des économies en coûts énergétiques. Les améliorations en efficacité énergétique ont aidé à maintenir l’abordabilité de l’énergie pour les ménages à faible revenu, à réduire la demande de pointe et le besoin de nouvelles dépenses en immobilisations, et à créer une industrie florissante comportant des emplois bien rémunérés.
  • L’écosystème de recherche et développement mature de la Nouvelle-Écosse a joué un rôle central dans le développement du secteur provincial des technologies propres. Ses principaux atouts sont de généreux investissements publics en recherche et développement, un riche réseau d’universités et des politiques qui tirent parti de ces ressources.
  • L’investissement dans l’électricité sobre en carbone et dans l’énergie renouvelable représente une première étape essentielle pour une transition vers l’électricité propre dans tous les secteurs de l’économie. Et tous les investissements liés au climat devraient faire l’objet d’une évaluation de leur valeur économique et environnementale pour qu’on puisse prioriser les projets qui engendreront le plus de bénéfices tant sur le plan financier que sociétal.

Cette étude de cas montre l’accélération de la croissance sobre en carbone de la Nouvelle- Écosse, mais elle souligne aussi les nombreux défis que devra relever la province pour atteindre ses cibles climatiques, ambitieuses et louables. Une fois de plus, l’expérience de la Nouvelle-Écosse est transposable à d’autres provinces et territoires, d’autant plus que de plus en plus de gouvernements, d’entreprises et de collectivités souhaitent atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

  • Les changements dans les marchés mondiaux ont entraîné un taux de chômage élevé dans beaucoup de petites zones rurales, en particulier dans les communautés autochtones. Pour réaliser une croissance inclusive et durable, la Nouvelle-Écosse devra s’assurer de retenir une partie de sa main-d’œuvre et de créer de nouveaux débouchés.
  • Il sera ardu de réduire davantage les émissions de GES et d’atteindre la cible de zéro émission nette d’ici 2050. Comme beaucoup d’autres provinces, la Nouvelle-Écosse a du mal à réduire ses émissions liées au transport. L’électrification est un excellent moyen de décarboner ce secteur ainsi que les secteurs résidentiel et industriel. Cependant, un tel changement demandera l’expansion de la production d’électricité propre.
  • Bien que la Nouvelle-Écosse ait réussi à maintenir l’électricité à un prix abordable pour les personnes à faible revenu, la plupart des Néo-Écossais dépensent considérablement plus en énergie que les autres Canadiens. L’abordabilité de l’énergie est un point à surveiller pour les gouvernements qui souhaitent favoriser les réseaux énergétiques propres.
  • Beaucoup de petites collectivités rurales – tant en Nouvelle-Écosse que dans le reste du Canada – sont aux prises avec des niveaux de pollution de l’air qui excèdent parfois ceux des régions urbaines. La réduction des émissions de GES améliorerait grandement la qualité de l’air locale et entraînerait des bénéfices pour la santé importants.

ACKNOWLEDGEMENTS

Cette étude de cas a été réalisée par Jonathan Arnold de l’Institut canadien pour des choix climatiques avec la contribution de Rachel Samson et Weseem Ahmed, également membres de l’Institut.

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  1. Contrairement au reste du Canada, les dépenses moyennes par ménage ont diminué en Nouvelle-Écosse de 2010 à 2017 (de 4 %). Cela signifie que la diminution de la part du revenu des ménages consacrée à l’énergie dans la province n’est pas le résultat de dépenses accrues pour d’autres choses, puisque ces dépenses grugeraient (toutes choses étant égales par ailleurs) la part moyenne des dépenses en énergie.
  2. Selon le recensement démographique de 2015 et les concentrations de polluants dans l’air entre 2014 et 2016.
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